NfoDB.com :: VA-Memoires Dimmigres (OST)-1998

Main page :: Search :: By date :: RSS Feeds :: Calendar 10 November 2009, 09:13

Sections

Quick search



ImageSet Database
ImageSet database, met-art, hd clips

EXTERNAL Sections


 
 
VA-Memoires Dimmigres (OST)-1998

Full name: VA-Memoires_Dimmigres_(OST)-1998-JUST.nfo

Info
Views
Downloads
Options
Section: 
Date: 
MP3
2005-10-15 01:08
Total: 
Today: 
46
0
Total: 
Today: 
13
0
Download: 
Order: 
.nfo
full album - $0.99 only!

Artist.......: VA
Album........: Mémoires d'Immigrés (OST)
Label........: Bandits Production
Genre........: Soundtrack
Catnr........: n/a
source.......: CDDA
rip.date.....: oct.-12-2005
str.date.....: apr-17-1998
quality......: VBR/44,1Hz/Joint-Stereo
Url..........: n/a

track  title                                          time

 01.   dahmane el harachi - kiefeche rah kifeche a   06:48
       tbedel
 02.   dahmane el harachi - ya rayah                 05:55
 03.   slimane azem - thoura-jarvagh koulchi         06:18
 04.   idir - ayrib                                  03:21
 05.   malika dom ran - asaru                        06:21
 06.   slimane azem - ayadhou goual                  04:25
 07.   enrico macias - non, je n'ai pas oublié       03:16
 08.   idir - a vava inouva                          04:27
 09.   malika dom ran - taawint igenni               05:28
 10.   cheb mami - douni el bladi                    05:26
 11.   dalida - helwa ya baladi                      03:34
 12.   rachid taha - zaâma                           04:00
 13.   cheb hasni - je vis encore                    06:30
 14.   cheb mami - haoulou                           04:15
 15.   rachid taha - voilà voilà                     05:13

                                            Runtime  75:17 min
                                            Size     108,8 MB


Release Notes:

Le film
La réalisatrice Yamina Benguigui est née à Lille et
a passé son enfance dans le nord de la France, où
ses parents, Kabyles d'origine algérienne, avaient
émigré dans les années 1950. « Pourquoi étaient-ils
partis ? On ne l'a jamais su, dit-elle aujourd'hui.
C'était un sujet tabou : ils n'en parlaient jamais.
» En 1994, elle réalise Femmes d'Islam, une
trilogie sur les femmes musulmanes de plusieurs
pays du monde. En interrogeant des Maghrébines qui
vivent à Marseille, elle découvre que ces « mères »
ne connaissent rien de ce que leurs maris ont vécu
à leur arrivée en France. Et qu'elles n'ont
elles-mêmes jamais rien raconté à leurs enfants. «
C'était mon histoire », dit la cinéaste. Elle
décide donc de remonter le temps et de partir à la
recherche d'une histoire occultée : celle de
l'immigration et de l'intégration maghrébines. Son
film se compose de trois parties : les pères, les
mères, les enfants. « Une structure qui respecte
nos codes culturels, dit-elle. Les hommes n'ont
jamais raconté à leurs femmes ni à leurs enfants
les souffrances qu'ils ont vécues. » En réunissant
trois séries de témoignages qui pourtant ne se
recoupent jamais, la réalisatrice fait œuvre de
réconciliation.
Son documentaire est le résultat d'une enquête de
trois ans et d'un tournage de six mois. Le montage,
qui a duré neuf mois, alterne images d'archives
(empruntées au CNDP, à Pathé, à l'INA) et images
personnelles et contemporaines. C'est cet
aller-retour constant entre passé et présent qui
permet au spectateur de retracer l'itinéraire
oublié des acteurs de l'immigration.

La démarche ---------------------------------------
Le droit à l'existence
Étudier la façon dont les entretiens sont filmés :
quel effet la cinéaste a-t-elle voulu créer ?
Comment s'articulent les interviews et les autres
images du film ? Quel rôle joue la bande-son ?
La réalisatrice a voulu, pour redonner la parole à
ses aînés, « un beau film ». Elle a tourné en 35
mm, choisi ses éclairages, peaufiné sa bande-son.
Sa caméra crée un espace où les individus peuvent
enfin exister, où les corps peuvent se montrer,
trouver leur place, avec leurs particularités,
leurs défauts ou leur beauté. Les interviews se
transforment en portraits. Les séquences consacrées
aux différents personnages racontent le roman de
leur vie, presque comme dans une fiction. La caméra
enregistre leur témoignage mais les filme aussi
dans leur vie quotidienne. Les entretiens sont
d'ailleurs souvent précédés d'images presque fixes
(ou ralenties) qui s'attardent sur les gestes et
les regards. Le rythme du film laisse aux paroles
le temps de se formuler et de résonner. Soit parce
que le son des interviews se continue sur des plans
de coupe significatifs (images de la ville, des
usines, des bidonvilles ou des cités) ; soit parce
que l'image est soutenue par la musique et les
chansons qui ont accompagné les immigrés dans leur
aventure.

L'héritage de la douleur --------------------------
Analyser le rôle de la parole dans ce film et ce
qu'elle provoque chez les immigrés auxquels elle
est offerte. Distinguer le comportement des pères
et celui des mères et mettre en relation avec
l'expérience vécue.
Le travail du film libère la parole. Dans l'espace
qu'il crée, les pères racontent enfin (en pleurant
parfois) ce qu'ils n'ont jamais dit aux enfants,
l'humiliation et la culpabilité d'avoir accepté la
déshumanisation, la souffrance de l'exil, l'espoir
et l'amour déçus pour la France. La caméra de
Yamina Benguigui leur redonne leur dignité car elle
leur permet de dire la douleur qu'ils ont toujours
tue.
La parole des mères, elle, fait ressurgir un
cheminement oublié. Une « culture du milieu » que
ces femmes déracinées, perdues à leur arrivée en
France, ont inventée. Parce qu'elles ont dû
continuer à transmettre les traditions tout en
s'adaptant le plus vite possible à la culture
française, les mères ont construit un mode de vie
original qui a servi d'assise à leurs enfants. La
musique du film utilise les chansons les plus
diffusées de l'époque (Idir, Enrico Macias,
Dalida...). Des chansons qu'elles écoutaient à la
radio, et qui faisaient le lien entre cette France
qui ne voulait rien savoir de la vie culturelle des
immigrés, et leur pays d'origine. L'espace offert
par le film laisse le temps de transmettre
l'histoire d'un enracinement qui s'est fait malgré
tout, et malgré le lancinant mythe du retour.


Une intégration en marche -------------------------
Relever quelques exemples de témoignages d'enfants
d'immigrés qui démontrent la rupture culturelle
avec leurs parents. Comment racontent-ils l'«
intégration » ?
Les enfants ont reçu un héritage de souffrance
d'autant plus difficile à assumer qu'il n'a que
très rarement été représenté. Ils ont vécu une
histoire nouvelle et inédite. C'est pourquoi il
était important que le film leur donne, à eux
aussi, la parole : « Je suis né ici, l'Algérie ne
me manque pas... », « Nos parents ne nous ont pas
élevés dans la haine... », « Je suis musulman, mais
je suis obligé de me cacher pour fêter l'Aïd, alors
que c'est la fête du pardon et que je voudrais la
partager avec mes amis... », « J'ai toujours des
cadeaux pour Noël... », disent-ils dans le
désordre.
Ces enfants sont avocats, écrivains, employés,
adultes heureux ou adolescents en quête d'identité.
Leur vie s'est faite en France. Pourquoi leur
demande-t-on encore s'ils veulent s'intégrer ?
Leurs discours demandent à être continués. Ils
incitent leurs cadets ou camarades à chercher les
mots ou images qui peuvent les aider à décrire leur
vie. Le film de Yamina Benguigui met à jour une
face cachée du racisme : celle qui consiste à nier
l'histoire des mutations culturelles, ou à en
étouffer l'expression. Son travail devrait pouvoir
servir d'exemple et conforter les enseignants
désireux de développer les multiples formes que
cette expression peut prendre chez les enfants de
toutes origines.

La séquence ---------------------------------------
Un montage judicieux
Pour comprendre comment Yamina Benguigui a su
rendre compte, par son écriture cinématographique,
de la richesse accumulée par le temps passé, on
peut observer, démonter la chaîne filmique de l'une
des séquences qui constituent la deuxième partie de
son film, et de son livre : celle consacrée à Khira
Allan. La séquence dure une dizaine de minutes.
Elle se compose d'un montage alterné de trois types
d'images.
On distinguera, dans un premier temps, les images
en couleur tournées chez Khira et les images
d'archives, généralement en noir et blanc, tournées
par l'INA en Algérie ou en France, dans les années
1960.


L'art du portrait ---------------------------------
Le film s'organise autour d'une série de portraits
qui sont aussi des récits de vie.
Les cadrages sont toujours très proches de la photo
et lui font en quelque sorte de constants clins
d'oeil. Khira ne sera montrée qu'une seule fois en
plan large [1] . Ensuite, la réalisatrice la montre
toujours en plans rapprochés ou très rapprochés,
comme pour une photo d'identité. La caméra revient
d'ailleurs fréquemment sur les portraits qui
trônent sur la cheminée ou les photos, un peu
vieillies ou déchirées, prises tout au long de la
vie. La réalisatrice a aussi demandé à toute la
famille de « poser » [10] . Tous sont là, figés
mais tout de même mobiles dans l'image, et Khira
trône au milieu du groupe avec gravité.
C'est bien un portrait que Yamina Benguigui a
réalisé, le portrait d'un personnage banal mais
exemplaire. Mais, cette fois-ci, la photo parle. La
réalisatrice, tournant en 35 mm, a soigné ses
éclairages et ses cadres pour mieux redonner la
parole à son aînée. Si elle prend le temps de
filmer, c'est aussi pour permettre au spectateur,
en regardant son personnage, d'apprécier ses
expressions pour mieux l'écouter.
L'espace ainsi créé par la caméra permet
d'installer l'histoire. La séquence consacrée à
Khira (comme toutes les autres) retrace le récit
d'une vie. « Mon histoire est finie », dit la mère
à la fin de la séquence. Une histoire à la fois
autobiographique et documentaire. Car, si les
images d'archives représentent des personnages
anonymes, la parole de Khira retrace un récit à la
première personne, donnant finalement vie et
lyrisme aux analyses impersonnelles des historiens
et imposant un contrepoids solide aux discours
officiels. On peut facilement reconstituer
l'histoire de Khira, grâce au montage du film. Tout
d'abord, la vie en Algérie d'une petite fille de
dix ans « bonne à tout faire » chez des colons
brutaux, avec une famille dans la misère et un père
malade. Puis le mariage imposé par les parents à
une très jeune femme qui n'a finalement aimé son
mari que parce qu'elle a eu des enfants ; l'arrivée
en France, la jeunesse passée dans les bidonvilles
ou dans la solitude ; et, finalement, les repères
qui se créent grâce aux cours du soir, à la radio,
aux chansons, à l'aide des enfants. Les images
d'archives illustrent la parole de Khira et
apportent un surcroît de documents, mais le récit
autobiographique donne à ces images la profondeur
qui leur manquait. Il parle d'un combat méconnu et
d'une victoire.

Travelling ----------------------------------------
Photos, récits, documents, autant de moyens de
faire revivre le passé. Mais la spécificité du film
est de faire éprouver la durée, d'embarquer dans un
itinéraire, de faire refaire le voyage. Pour
parcourir la vie de Khira, Yamina Benguigui nous
offre treize minutes. Et c'est largement suffisant
pour revivre pleinement un instant d'émotion
intense, pour comprendre les heures de solitude ou
pour, en un éclair, repartir des décennies en
arrière.
Quelques images et montages significatifs à cet
égard : la séquence commence par un travelling en
voiture. Après la forêt, la ville du Nord, avec ses
maisons encore semblables à des corons. Il pleut.
Une voix chante: « O mère adorée... » Puis nous
voyons Khira, en mouvement elle aussi. Elle se
dirige vers sa maison, obligée pour cela de marcher
dans les flaques d'eau de la rue [1] . On la
retrouve ensuite chez elle, commençant à raconter
sa vie, « une vie pas belle ». Ces premières images
placent la séquence sous le signe du voyage. Voyage
de retour pour la cinéaste qui va enquêter dans son
Nord natal, voyage dans le passé pour Khira qui
n'oubliera jamais la boue et la pluie des
bidonvilles de sa jeunesse. Ensuite viennent
s'intercaler les images d'archives, comme des
fenêtres ouvertes sur le passé. La séquence
maintient continûment l'aller-retour entre l'espace
du passé et celui du présent. Le récit oral fait le
lien et redonne vie à l'espace oublié, celui du
passage, de la traversée. Le son, les images et
leur montage font naître un espace temps, un
hors-champ où le spectateur peut s'identifier au
personnage, se projeter dans les lieux où il a
vécu, recevoir la transmission de la mémoire en y
trouvant lui-même sa place. Les plans les plus
forts sont certainement ceux que l'on ne voit pas à
l'écran mais que l'on élabore pour soi-même à
partir des images et des sons du film.
D'autres plans fonctionnent de manière plus
symbolique : ceux de l'intérieur de la maison par
exemple [3] . Khira semble collectionner les
horloges. Signe que le temps s'est écoulé, qu'il a
compté, que Khira l'a beaucoup compté aussi
lorsqu'elle s'est retrouvée seule et désœuvrée à
son arrivée en France. Elle a aussi décoré son
poste de radio comme un objet fétiche puisqu'il lui
a fait découvrir Enrico Macias, le porte-parole des
exilés.
Le film montre aussi comment les mères ont installé
une culture du passage. Sur la cheminée, les
horloges occidentales côtoient des versets du Coran
soigneusement encadrés ; la nostalgie d'Alger la
blanche est chantée par une voix française et la
syntaxe inventive de Khira suffit pour nous faire
comprendre une partie oubliée de notre histoire.

Mères et filles -----------------------------------
Quelle leçon l'histoire de Khira dispense-t-elle ?
Une leçon de courage tout d'abord. Celle-ci n'est
pas prononcée clairement mais elle paraît dans la
fierté de la mère qui s'est finalement installée
dans une maison très soignée. Plusieurs plans de
coupe montrent les napperons, les bibelots, les
fleurs artificielles dont elle a décoré son salon.
Elle-même a conservé les rites de la coquetterie :
bijoux, vêtements impeccables, maquillage. Une
façon de dire aux filles qu'il faut toujours «
tenir ». Khira a tenu et tient sa maison. Mais elle
dispense aussi une leçon de liberté. Elle a envoyé
ses filles à l'école. Elle les encourage à sortir,
à voyager et surtout à se marier avec quelqu'un
qu'elles aiment. Sa « prestation » devant la caméra
est aussi sûrement la meilleure façon d'inciter les
filles à parler et pas seulement sur le mode du
lyrisme.
Il est important que la cinéaste soit une femme,
que ce soit à une fille que Khira s'adresse. Yamina
Benguigui filme cette mère en voulant la rendre
belle mais sans essayer de transformer les
griffures du temps. Khira est toujours digne d'être
regardée ; son discours, dans un français souvent
approximatif, finit toujours par l'éclairer.
Khira est un maillon de la chaîne. Sa douleur,
clairement racontée, bien que dépassée, l'a incitée
à recréer un lieu : l'espace sacré de la maison. Le
film de Yamina Benguigui l'aide à reconstituer et
transmettre un autre espace : celui de sa vie de
jeune fille et de jeune femme, qui, si elle n'avait
jamais été racontée, aurait continué à lui être
volée. Les maisons de Khira sont riches
d'enseignements. Le film les reconstruit tout en
les visitant.



 


Friends

Crack search


Cracks
Serials
Torrents
Warez

Last searches


Copyright © 2005-2009 NfoDB.com NfoDB.net NfoDB.org.